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vendredi 29 mars 2013

Les toits : verts ou solaires, mais pas déserts.

Les toits recouvrent entre 15 et 35% de la surface des grandes villes.
Cette surface est le plus souvent complètement perdue alors qu’elle pourrait être utilisée pour rendre les villes plus rentables et plus saines donc plus durable.

Retenons deux moyens d’utiliser nos toits comme des outils de développement durable : la végétalisation et l’installation de panneaux solaires.

Les toits végétalisés :  

Le toit végétalisé est une technique très ancienne qui consiste à recouvrir un toit par des couches successives de matériaux étanches, isolants, de drainage et de terre qui va servir de support à la végétation. Selon les projets et l'inclinaison du toit, on va pouvoir utiliser une couche plus ou moins épaisse de terre et engrais afin d'accueillir la végétation souhaitée. Parmi les nombreux avantages de cette méthode, on note :
  • La diminution de l’effet d’îlot de chaleur des villes (voir l’image ci-dessous pour comprendre ce qu’est l’effet d’îlot de chaleur) : un toit normal peut dépasser les 60°C quand un toit végétalisé dépasse rarement les 20 à 25 degrés.

 

  • Une meilleure isolation thermique, donc diminution de la consommation énergétique en chauffage/climatisation.
  • L'amélioration de la qualité de l’air grâce à une fixation des gaz nocifs et de particules fines (responsables de nombreuses maladies respiratoires) et émission de dioxygène.
  • Une petite contribution à la diminution de l’effet de serre grâce à la photosynthèse des plantes.
  • La réintroduction d’espaces verts capables d’accueillir une biodiversité complète.
  • La possibilité de cultiver des plantes consommables. Les toits potagers représentent donc un atout supplémentaire.
  • L'augmentation de la durée de vie des toits qui sont ainsi moins exposés aux changements de température et à l’érosion.

Les toits solaires :


Bien entendu, cette méthode consiste à utiliser le potentiel solaire qui se perd sur nos toits. Cette méthode :
  • Permet de produire de l’énergie (panneaux solaires photovoltaïques) ou de chaleur (panneaux solaires thermiques).
  • Participe à une production décentralisée de l'énergie, élément indispensable pour le passage à la "troisième révolution industrielle, prônée par Jeremy Rifkins et dont nous aurons l'occasion de reparler sur ce blog.
  • Produit de l'énergie sans avoir à réduire la surface de nos terres cultivables, contrairement à de grands projets de centrales solaires qui peuvent être implantés sur des terres arables, ce qui revient à faire un choix entre nourrir les Hommes et produire de l'énergie. C'est également le reproche qui est souvent fait aux biocarburants produits en privilégiant des cultures qui n'ont plus pour objectif de nourrir les populations, de faire augmenter le prix des matières premières alimentaires et donc de favoriser les famines et autres crises alimentaires.
  • Peut être couplée à des systèmes de récupération d’eau de pluie pour une utilisation ménagère.
Les toits sont donc des espaces qui peuvent nous permettre de réintroduire de la biodiversité dans nos villes, d’y respirer un air plus sain (moins de particules polluantes, plus de dioxygène), de  consommer moins d’énergie et de produire une partie de celle-ci, de diminuer l’effet de serre et d’îlot de chaleur, de récupérer une partie de l’eau dont nous avons besoin et de produire une partie de notre nourriture tout en augmentant l’espérance de vie de nos toits, réduisant donc nos besoins en matériaux de construction. 

Un seul support pour de nombreux effets positifs.

Pourquoi ne pas rendre obligatoire la végétalisation de nos toits ou l'installation de panneaux solaires sur ces mêmes supports?

Plus qu’un idéal, ce serait logique et durable…

mercredi 13 mars 2013

Pourquoi l'effet de serre s'auto-alimente.



     Le thème des gaz à effet de serre est aujourd’hui tellement abordé que l’on pourrait se dire qu’il devient inutile d’en parler. A ceci près que la manière dont on en parle jusqu’à maintenant ne semble pas avoir d’impact positif sur les faits : à savoir que les activités humaines produisent toujours plus de gaz à effet de serre, et que l’information n’est pas forcément assez précise à moins de faire des recherches.

     Tout le monde sait que le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre, beaucoup savent qu’il n’est pas le seul, peu savent que la vapeur d’eau en est également un, et pas des moindres.

     Les gaz à effet de serre sont des gaz qui participent au réchauffement climatique en retenant une partie de l’énergie solaire dans l’atmosphère, l’empêchant d’être renvoyée dans l’espace en étant réfléchi sur terre. Plus il y a de ces gaz dans notre atmosphère, plus le soleil réchauffe cette dernière (voir le schéma ci dessous) 



     Parmi les principaux gaz à effet de serre on trouve bien sur ce fameux dioxyde de carbone (CO2), qui est produit en grande quantité par nos activités et principalement lorsque nous utilisons des énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz.

     Le CO2 a beau être le plus médiatisé, il n’est ni le seul, ni le plus puissant, ni le plus présent dans l’atmosphère. Cela n’enlève rien au fait que la quantification des émissions de CO2 reflète une vérité quant au lien direct entre activité humaine et réchauffement climatique.

     Mais pour mieux comprendre les mécanismes qui procèdent au changement climatique, il est important d’aller un peu plus loin.

     Le méthane est par exemple 23 fois plus puissant que le C02 en termes de participation à l’effet de serre pour une quantité comparable. Mais il en est rejeté en bien plus faible quantité par les activités humaines, le CO2 représente en effet plus de ¾ des gaz à effet de serres que nous rejetons annuellement.

     La vapeur d’eau est par ailleurs responsable de plus de 70% de l’effet de serre. C’est beaucoup moins connu, et à tort vu les chiffres. Cela dit, là encore ce n’est pas directement lié à l’activité humaine, ou que de manière marginale, prenons par exemple les émissions de vapeur d’eau par les cheminées des centrales nucléaires. La plupart de cette vapeur d’eau provient de phénomènes naturels comme l’évaporation des mers et océan ou la transpiration des végétaux.

     Mais si l’émission de ces deux gaz (méthane et vapeur d’eau) n’est pas directement liée aux activités humaines, elle l’est de manière indirecte et cela n’est pas sans conséquences. En effet, si nos activités contribuent au réchauffement climatique (principalement parce que nous relâchons des quantités toujours croissantes de CO2), elles réchauffent aussi les océans et les sols sur terre.

     Or, il est logique de penser que si la température des océans augmente, une quantité plus importante d’eau s’évaporera en permanence. Cette augmentation de l’émission de vapeur d’eau participera donc à son tour au réchauffement climatique, de manière très importante (rappelons-nous que ce gaz est déjà à l’origine de plus de 70% de l’effet de serre).

     D’autre part, une quantité incroyable de méthane (CH4) est emprisonnée dans le permafrost, les sols gelés que l’on trouve sur de grandes surfaces dans des pays comme la Russie. Avec le réchauffement climatique,  ces sols vont dégeler et libérer le méthane qu’ils contiennent. Le schéma ci-dessous illustre bien le dégel des sols contenant notamment du méthane. 



     Très concrètement, cela signifie que le phénomène de réchauffement climatique s’auto-alimente. Ainsi si l’homme se rend directement responsable de l’augmentation de la température par l’émission de CO2, il doit avoir conscience que son impact sur le réchauffement climatique ne se cantonne pas à cela.
Réduire les émissions de CO2 doit donc effectivement être un objectif majeur de toutes les sociétés humaines.

lundi 11 mars 2013

Tout va bien, ou presque.

     Cet article est un petit bricolage qui tourne autour d'un Screenshot (photo d'écran pour les non-geeks) fait il y a quelques temps et qui symbolise certains maux du système dans lequel nous vivons.


     Je me connecte un matin sur le site www.challenges.fr et je vois que Danone est en tête des "tops" de la bourse du jour. Une bonne nouvelle qu'un grand groupe Français comme Danone plaise à ce point aux investisseurs ce jour là! Probablement la traduction de bons résultats et de l'ambition d'une grande entreprise alors même que la crise fragilise l'économie, c'est sûrement une bonne nouvelle.

     Et puis non. Ce n'est pas exactement cela. Pas du tout même. Danone a en fait annoncé un plan de suppression de 10% de ses cadres en Europe. La nouvelle est donc catastrophique, en tout cas en terme macro-économique, c'est à dire très concrètement en terme de chômage par exemple.

     Mais pourtant, il y a en haut de l'image cette augmentation de plus de 5% du prix de l'action. Et cela signifie toujours très concrètement que si vous aviez eu le la chance d'acheter l'action la veille et que vous la vendiez au moment précis ou j'ai pris cette photo, vous auriez gagné plus avec l'argent "placé" sur cette action en quelques heures que vous en gagnerez probablement toute l'année avec la même somme placée sur votre livret A (environ 2 fois plus). Il est d'ailleurs probable que si vous ne l'avez pas fait, d'autres l'ont fait pour vous (peut être même les banquiers chez qui vos économies sont mal rémunérées,  mais c'est un autre débat).
     Or, le cours d'une action en bourse est déterminé comme sur la plupart des marchés : par l'offre et la demande. Cela veut dire que si le prix de l'action de Danone a augmenté à ce moment,  c'est que l'annonce de ce plan de suppression de 10% des cadres en Europe a beaucoup séduit les investisseurs (ou plutôt spéculateurs dans ce cas).

     C'est gênant, vous ne trouvez pas ?

     C'est pourtant la norme. Et si les actionnaires ne sont pas censés faire la loi, je rappelle tout de même que ces actionnaires sont en partie propriétaires des entreprises, et que pour être certains que les objectifs des dirigeants soient les mêmes que les leurs, la rémunération des dirigeants dépend souvent en (grosse) partie du cours de l'action. On fait en sorte que les dirigeants deviennent des actionnaires pour qu'ils prennent les "bonnes" décisions. Ici, il s'agit d'une décision qui augmente le taux de chômage en Europe.

     Je ne dis absolument pas que cette décision n'a pas un sens sur le plan microéconomique (c'est à dire au niveau du comportement des acteurs économiques pris individuellement). Mais voilà le système qui décide de tout aujourd'hui. Et pas seulement dans le monde privé. La fonction publique est gouvernée par les mêmes causes. Lorsque les fameux "marchés" prêtent de l'argent aux états, ils le font en suivant les mêmes règles. Ce sont d'ailleurs parfois les mêmes agents économiques. En clair, pour obtenir de l'argent sur les marchés et garantir l'activité normal des états, ces derniers doivent eux aussi "séduire" les investisseurs. Une suppression de 10% des cadres semble être un bon moyen d'y parvenir... Dirigeants politiques, à vous de jouer! (Ils n'ont d'ailleurs pas besoin de moi, après tout qu'est ce que l'austérité...?)

     Je ne critique pas Danone, car ce genre de décision est motivée par d'autres facteurs comme la concurrence qui pousse chaque agent a réduire ses coûts de fonctionnement. Je ne critique pas les personnes qui ont vu dans cette annonce un moyen de gagner de l'argent, car elles font finalement preuve d'une capacité d'adaptation et que c'est là une définition de l'intelligence. Ce qui est critiquable, c'est le système dans lequel nous vivons. Alors cet article ne changera pas le monde. Mais si chacun avait déjà une connaissance précise des éléments qui dictent les décisions des dirigeants du monde actuel, qu'il s'agisse de dirigeants d'entreprises ou de dirigeants politiques, nous serions capable de participer plus activement aux décisions qui déterminent une bonne part de nos existence, ne serait-ce que par le choix démocratique de nos élus en fonction de leurs idées (c'est moins drôle que le physique, mais ça compte aussi).

     Cela revient à dire que si l'information était mieux partagée (notamment grâce à l'éducation), l'intérêt de la majorité finirait forcément par l'emporter. Au lieu de ça, une poignée s'enrichit sur la "masse" et c'est la raison pour laquelle les dernières décennies sont celles qui ont accouchées du plus grand nombre de milliardaires alors même que les problèmes liés à l'extrême pauvreté touchent toujours des milliards de personnes.

Nous ne sommes pas à un Ours près !



     Après avoir lu un article sur le site de l’excellent magazine « Sciences et Avenir », je me suis dit qu’il y avait là un sujet intéressant à traiter pour le premier article de ce blog.
Voici ce que l’on peut lire tout en haut de l’article, et c’est cette petite phrase qui me fait dire que ce blog a vraiment une raison d’être :

     " La CITES a refusé d'interdire le commerce planétaire de l'ours polaire. A l'instar du Canada, les pays s'opposant à l'interdiction font valoir que les exportations "aident les chasseurs à subvenir aux besoins de leurs familles"."

Nous y sommes…
     Ainsi, on ne veut pas interdire un type d’agissement, sous prétexte qu’il permet aujourd’hui à certains de subvenir à leurs besoins, y compris si ce même agissement remet en cause à lui seul sa propre durabilité. Que feront alors ces mêmes personnes lorsque les populations d’ours polaires seront trop faibles en quantité pour continuer à les chasser ? Et bien elles changeront d’activité, car elles y seront obligées ! Mais puisque le système actuel met l’instant présent à l’honneur et remet à plus tard les bonnes questions, alors tant que nous pouvons continuer à agir mal, faisons-le !

     Le même raisonnement ne justifierait-il pas la vente de drogue qui permet à certains d’assurer leur subsistance ? Et pourquoi ne pas proposer sur Ebay ou Leboncoin des mises aux enchères d’organes ? Après tout, beaucoup ne-possèdent il pas ce que d’autres sont prêts à acheter ?
Oui, mais c’est immoral, de même que chasser une espèce en voie de disparition qui subit déjà de plein fouet l’activité humaine au travers du réchauffement climatique qui modifie grandement son environnement. Nous savons donc à l’avance que l’activité liée à la chasse de l’ours polaire aura une fin, liée à la trop grande diminution ou à la disparition complète de l’espèce. Mais au lieu de changer dès aujourd’hui de fonctionnement, et de proposer aux personnes qui dépendent de cette activité une reconversion, nous les poussons à continuer jusqu’à ce que nous nous retrouvions devant le fait accompli. Nous verrons à ce moment-là que le vrai problème ne résidait pas dans le changement d’activité, mais bel et bien dans la sauvegarde d’une espèce.

     C’est parce que le même raisonnement est appliqué à peu près à tous les domaines que l’on rase les forêts ou que l’on construit des centrales à combustible fossile.

     La critique est certes facile, mais dans ce cas précis, ne peut-on pas très sérieusement envisager des solutions permettant de se passer de la chasse ? L’ours polaire est un symbole du règne animal et de la cause pour la lutte contre le réchauffement climatique. Si l’on arrive à faire plonger des touristes en pleine mer afin de vivre quelques instants à proximité de grands requins (et bien que cette activité fasse elle aussi l’objet de polémique dans certains cas, certaines méthodes permettent de ne pas modifier ces écosystèmes), ne peut-on pas imaginer d’utiliser l’ours polaire pour développer un tourisme tourné vers la sauvegarde de cette espèce et qui tendrait à sensibiliser le public autour de la lutte contre le réchauffement climatique ? Il y aurait alors le moyen de faire « d’une pierre deux coups ». Et si cette solution n'est pas la bonne, il ne s'agit que d'une piste.

     Quant à l’argument de la chasse pour la subsistance de population locale (comme les Inuits), il est hors de propos car l’accord qui n’a pas été signé ne voulait pas interdire la chasse, mais l’exportation ce qui est totalement différent et pousse certains à exécuter des Ours car leur peau peut se vendre jusqu’à 50 000€ sur le marché international, et cette activité n’a donc rien à voir avec la subsistance des Inuits qui ont depuis longtemps appris à vivre avec leur environnement.

Une goutte dans l'océan.

     La création de ce blog est liée à la certitude que l'évolution de nos sociétés doit emprunter un chemin différent de celui qu'il suit actuellement. Une remise en question de tous est nécessaire.

     Passionné de nouvelles technologies et persuadé qu'elles peuvent donner toujours plus de réponses aux besoins humains, il ne s'agira pas sur ce blog de faire la promotion d'un système qui remettrait en cause la place du progrès et vanterait les mérites d'un retour au passé.

     Mais la question n'est pas de savoir si le système actuel est viable ou non, car il ne l'est clairement pas.

     L'objectif de ce blog est d'apporter une goutte d'eau dans l'océan des possibles pour réaliser un avenir plus  durable et logique. . Il y a en effet quelque chose d'illogique à vivre dans un monde qui se sait non durable. Aujourd'hui le progrès est trop souvent un outil éphémère qui repousse à plus tard les questions essentielles. Mais la nature peut se montrer aussi redoutable qu'un banquier. Plus nous tardons à répondre à ces questions, plus les intérêts seront élevés. Il s'agit alors de ne pas attendre trop longtemps pour ne pas nous retrouver insolvable. La crise que nous engendrerions alors n'aura rien de comparable avec une crise économique. Nous serions la honte de nos ancêtre, les bourreaux de nos enfants et le cancer du monde vivant.

     Plus durable et plus logique, mais également plus juste. La justice garantie d'ailleurs la logique et la durabilité d'un système. Les révolutions de toutes époques le prouvent.

     A quoi bon, tous ces siècles à nous demander quel est le rôle de la vie, si le nôtre devait se réduire à la détruire? Je ne parle pas d'un scénario catastrophe mais du présent. Notre espèce a récemment inventé un mode de vie qui n'est en rien compatible avec la nature.

     J'aborderai dans ce blog des sujets qui traiteront d'écologie, de technologies, d'économie ou encore de politique parce que la durabilité de notre système dépend d'un ensemble de facteurs multiples en permanente interaction.